Accidentologie des travaux par point chaud : les principaux enseignements du BARPI

Image : Pixabay

Les travaux par point chaud restent aujourd’hui l’une des causes les plus fréquentes d’incendies et d’explosions dans l’industrie. Soudage, meulage, oxycoupage, découpe thermique ou travaux d’étanchéité exposent quotidiennement les entreprises à des risques majeurs, souvent sous-estimés. Dans sa récente synthèse consacrée à l’accidentologie liée aux travaux par point chaud, le BARPI analyse 274 événements survenus entre 2016 et 2025.L’étude met en évidence des défaillances récurrentes dans la préparation des interventions, la gestion des entreprises extérieures et l’application concrète des mesures de prévention.

Le constat est clair : la majorité des accidents ne résulte pas uniquement du point chaud lui-même, mais d’une mauvaise maîtrise de l’environnement de travail et des risques associés.

 

Une accidentologie qui touche tous les secteurs industriels

Le rapport montre que tous les secteurs sont concernés par cette accidentologie : industrie agroalimentaire, métallurgie, traitement des déchets, chimie, logistique, travail du bois ou encore installations de stockage.
Les sites ICPE et Seveso sont particulièrement exposés puisque 72 % des événements recensés concernent des installations soumises à autorisation ou classées Seveso.
Les phénomènes observés sont majoritairement des incendies, présents dans quasiment tous les accidents étudiés. Certaines situations ont également conduit à des explosions, notamment en zones ATEX, dans des silos ou sur des équipements contenant des vapeurs inflammables.
Les conséquences sont parfois particulièrement lourdes : accidents mortels, blessures graves, destruction d’installations, interruption d’activité ou encore pertes économiques de plusieurs millions d’euros.

 

Une analyse des risques souvent insuffisante

Le principal enseignement du BARPI concerne la qualité de l’analyse des risques avant intervention. Dans de nombreux accidents, les travaux ont été engagés sans évaluation complète de l’environnement ou avec une analyse limitée au seul risque immédiat lié aux étincelles.

Le rapport souligne notamment une mauvaise prise en compte :
• des poussières combustibles,
• des vapeurs résiduelles,
• des zones ATEX,
• des transferts thermiques,
• des projections d’étincelles,
• ou encore des matières combustibles dissimulées dans les installations.

Plusieurs événements analysés montrent que des équipements considérés comme « sécurisés » contenaient encore des atmosphères inflammables ou des résidus susceptibles de s’enflammer.
Cette sous-estimation du danger est renforcée par un phénomène régulièrement observé dans les retours d’expérience : la banalisation du risque. Les travaux par point chaud étant fréquents dans l’industrie, certaines interventions finissent par être perçues comme routinières, ce qui conduit progressivement à un relâchement des mesures de prévention.

 

Le permis de feu ne garantit pas à lui seul la sécurité

Le BARPI rappelle que le permis de feu reste un outil indispensable dans la prévention des risques incendie liés aux travaux par point chaud. Cependant, l’étude montre également ses limites lorsqu’il devient un simple document administratif.

Dans plusieurs accidents recensés, un permis de feu avait bien été établi, mais :
• les protections prévues n’étaient pas mises en place,
• les vérifications terrain étaient insuffisantes,
• les moyens d’extinction absents ou inadaptés,
• ou les risques spécifiques mal identifiés.

Le rapport insiste ainsi sur la nécessité d’intégrer le permis de feu dans une démarche globale de prévention incluant l’analyse de risques, la préparation du chantier, la supervision des travaux et la surveillance après intervention.

 

La coactivité et la sous-traitance restent des facteurs aggravants

Une part importante des événements analysés implique des entreprises extérieures ou des sous-traitants.

Le BARPI met en évidence plusieurs difficultés récurrentes :
• manque de coordination entre exploitant et prestataires,
• inspections préalables insuffisantes,
• modifications de chantier non formalisées,
• barrières linguistiques,
• dilution des responsabilités.

Dans ce contexte, le rôle de l’exploitant reste central. Le rapport rappelle que la maîtrise des travaux par point chaud nécessite une coordination réelle des mesures de prévention et un contrôle effectif des conditions d’intervention sur le terrain.

 

La formation : un levier essentiel de prévention

Le défaut de formation apparaît régulièrement parmi les causes profondes des accidents étudiés par le BARPI.

Cette problématique ne concerne pas uniquement les opérateurs réalisant les travaux, mais également :
• les encadrants,
• les rédacteurs de permis de feu,
• les superviseurs,
• les entreprises extérieures.

Les intervenants doivent être sensibilisés aux risques incendie, explosion et ATEX, mais aussi aux règles de coactivité, aux procédures d’urgence et aux moyens de première intervention.

Le rapport rappelle également l’importance des contrôles avant, pendant et après les travaux. Certains incendies se déclarent plusieurs heures voir même plusieurs jours après la fin des opérations à cause de foyers couvants ou de points chauds résiduels.

LauguiConcept Formation accompagne les entreprises dans la prévention des risques liés aux travaux par point chaud.

Face à cette accidentologie, les entreprises doivent renforcer leur maîtrise des interventions à risque et structurer une véritable culture de prévention.

LauguiConcept Formation accompagne les industriels, exploitants ICPE, entreprises de maintenance et prestataires dans la sécurisation de leurs activités grâce à :
• la formation incendie industrielle,
• les formations ISM ATEX et sensibilisation ATEX,
• l’accompagnement à la rédaction des permis de feu,
• l’analyse de risques et les audits sécurité,
• la mise en place de plans de prévention,
• la gestion de la coactivité et des entreprises extérieures.

Nos accompagnements permettent de renforcer la maîtrise opérationnelle des travaux par point chaud et de réduire durablement les risques d’incendie, d’explosion et d’arrêt d’activité.

Source : BARPI – “Accidentologie liée aux travaux par point chaud – Période 2016-2025”